Lifestyle, Mode

Mode : peut-on vraiment consommer de façon plus responsable ?

6 avril 2017

Bonjour, ici Jam ! Vous avez peut-être remarqué mon absence en ce début d’année, et pour cause de nombreuses aventures : un stage à Strasbourg chez Arte, un long mois à voir flou avant de comprendre que j’avais besoin de lunettes, un piratage d’ordinateur et l’oubli de mon appareil photo à Grenoble. Mais me revoilà, pour vous remuer les méninges !

Dans son dernier article, Jones vous parlait de son envie de se tourner vers une mode plus éthique, respectueuse des travailleurs et de qualité. Cet article m’a amenée à questionner mes propres habitudes d’achat et à me demander pourquoi j’avais mis si longtemps à le faire compte tenu de mes convictions. Il faut dire que les choses sont un peu différentes quand on est amoureuse de la mode : Alors que certains collectionnent des milliers de timbres, on collectionne les vêtements. En général quand c’est le coup de cœur, je ne regarde jamais l’étiquette de près. Le moment est venu d’y remédier… respect de la planète et de ses habitants, humains comme animaux, changement des comportements… une mode responsable est-elle possible ?

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La fast-fashion. : un désastre écologique


Vivienne Westwood pour Lush

Ces dernières années, la mode ne suit même plus les saisons. Chez Zara les stocks sont surveillés en direct pour être renouvelés en permanence selon les tendances d’achat. Ainsi, les marques se font la course pour offrir au client les pièces les plus représentatives de la mode à un instant t, mais cela implique aussi que ces pièces seront rapidement passées de mode. Ainsi, comme l’explique ce graphique de Greenpeace, entre 2000 et 2014, la production a doublé pour atteindre plus de 100 milliards de vêtements produits en 2014 ! Sans oublier que pour ces pièces la qualité et le respect de l’environnement sont loin d’être au rendez-vous. Quelques chiffres assez parlants* :

  • 70 % des cours d’eau en Chine sont pollués par l’industrie textile
  • 70 millions de barils de pétrole sont nécessaires à la production du polyester chaque année
  • 2500 litres d’eau sont utilisés pour la production d’un t-shirt de 250 grammes

La fast-fashion répond au besoin de consommation de notre société qui érige la possession matérielle en clef du bonheur. Et si avant d’acheter un vêtement on se demandait s’il allait réellement y contribuer ? Une façon de réduire sa garde-robe est de s’essayer à la capsule wardrobe. Terme inventé dans les années 70, la capsule wardrobe consiste à ne posséder que 7 pièces de vêtements interchangeables, une petite collection d’essentiels qui doit se suffire à elle-même. Une technique adoptée par de nombreux partisans du minimalisme, mais plus compliquée pour une fashionista en quête de renouvellement… En attendant, on peut se tourner vers les vêtements de seconde main ou en matériaux bios / recyclés et arrêter de commander des vêtements qui traversent les océans sur internet…

Le coût social de la mode


Derrière ces bas prix, c’est les conditions de vie d’êtres humains qui sont en jeu, des petites mains aux agriculteurs qui produisent le coton. Les 1110 morts de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh nous l’ont tristement rappelé en 2013. Une mode éthique se soucie donc des conditions de travail (horaires, manipulation de produits chimiques, travail forcé/infantile) et applique les principes du commerce équitable pour garantir une rémunération plus juste du travailleur.

Un exemple : L’Ethical Fashion Initiative lancée en 2009 soutient le développement de communautés défavorisées en Afrique et Haïti en assurant des revenus justes et réguliers. Leur politique est claire : « Pas de charité, juste un travail ». Ce projet a rallié des artisans avec de grands noms de la mode, comme Vivienne Westwood, Stella McCartney, Fendi ou l’italo-haïtienne Stella Jean.

« À travers mes créations, je veux montrer que plusieurs cultures peuvent coexister de manière harmonieuse si on les comprend et que l’on ne les réduit pas à une expression caricaturale. » Stella Jean

collaboration de Stella Jean avec des femmes artisans du Burkina Faso

Mode éthique : animaux , les victimes oubliées


Une de mes vestes en fausse fourrure : confortable, chaude, légère et stylée… What else ?

L’industrie de la mode tue chaque année 56 millions d’animaux pour leur peau (1 milliard selon Peta). Contrairement aux idées reçues, ces animaux sont rarement « déjà morts ». Pour la fourrure, 85% sont issus de « fermes à fourrure » où ils subissent une vie de souffrance. Et à titre d’exemple, il faut deux renards ou ratons-laveurs pour les vestes avec une capuche à fourrure qui ont été très à la mode cet hiver. Chacun a une sensibilité différente en termes d’éthique. La majorité est contre le port de la fourrure, mais pour beaucoup, il est encore difficile de renoncer aux bottes et vestes en cuir. Et pour cause, il faut qu’il y ait des alternatives intéressantes du point de vue de la qualité, du toucher, du visuel… Heureusement, face à la demande des consommateurs, des marques comme Ralph Lauren, Boss, H&M, Topshop et The Kooples dernièrement prennent une position anti-fourrure et développent des alternatives. Encore faut-il que ces similis soient respectueux de l’environnement (le casse tête).

L’avantage avec ces fausses peaux, c’est qu’on peut leur donner des coloris pop et rigolos, comme celle que porte notre amie Darkrevette dans cet article. Beaucoup de créateurs explorent également le potentiel du cuir végétal, fait à partir de kombucha, de cuir d’ananas… Si on n’est pas prêt à faire la croix sur le cuir, on peut toujours se diriger vers les vêtements vintage que l’on trouve en grande quantité sur le marché secondhand (c’est ce que fait Dita von Teese par exemple).

Pourquoi c’est dur de changer ses habitudes d’achat ?


En psychologie, on parle de dissonance cognitive : notre comportement (nos habitudes de consommation par exemple) entre en conflit avec nos croyances, ce qui crée chez nous un inconfort psychologique, voir de la culpabilité. Pour nous protéger de ce sentiment, notre cerveau enclenche un mécanisme psychologique inconscient pour nous détourner d’une réalité qui nous dérange. Un exemple connu est le paradoxe de la viande : une personne mange de la viande alors qu’elle aime les animaux et évite les informations sur la maltraitance animale pour ne pas se sentir coupable. Ainsi, ce mécanisme nous évite de devoir changer nos habitudes, ce qui demande un effort important : repérer les marques éthiques, faire des recherches sur le processus de fabrication, engager plus d’économies, restreindre ses choix…

Pour que la mode éthique soit plus accessible, la question de la transparence de l’information pour le consommateur est donc toute aussi importante que le prix. En 2013, une étude du bureau Promise Consulting révélait que 62% des Français étaient préoccupés par l’origine et les conditions de fabrication de leurs vêtements. Les marques de mode éthique vont avoir un gros travail de communication à réaliser pour justifier leurs prix et regagner la confiance des consommateurs méfiants du greenwashing. Les nouvelles technologies comme le QR code peuvent par exemple permettre au client d’avoir des informations sur le vêtement directement en boutique. De quoi se renseigner sans trop d’effort, checker si le produit porte un des nombreux labels de qualité et pourquoi pas imaginer une signalétique de couleur selon le caractère éthique / environnemental du produit. En attendant, je vous conseille de vous référer à une de ces nombreuses listes de vêtements éthiques sur internet. Avec le temps, face à la pression de la demande, l’offre commence à se diversifier et on n’est plus obligé de se vêtir comme un « lutin crackeux » (merci pour le fou rire Elogedelacuriosité).

Alors , on fait quoi ?


Ethique, bio, équitable, vegan… cela fait beaucoup de critères à prendre en compte et l’offre n’est pas forcément au rendez-vous. Chacun devrait commencer compte tenu des priorités éthiques qu’il se pose. Après tout, « Il ne faut pas attendre d’être parfait pour commencer quelque chose de bien ». 😉 Et qui sait, avec le temps l’offre finira par suivre.

Dans son dernier article, Jones vous expliquait son positionnement contre une mode jetable, en se demandant avant chaque achat si le vêtement lui plairait toujours dans les mois à venir. Ainsi, elle réduit ses achats vestimentaires tout en privilégiant la qualité à la quantité.

Compte tenu de mes économies, je ne me sens pas encore faire le pas d’arrêter tout achat dans les grandes enseignes. Mais en attendant d’avoir un vrai salaire, je vais essayer de me tourner davantage vers le vintage, et surtout de réduire ma consommation. J’ai eu l’idée de noter dans un calpin les pièces que je souhaite acquérir, et de patienter quelque temps avant de voir si je les souhaite toujours plus tard.

Emma Watson promouvant la mode éthique sur compte instagram

Et vous, faites-vous des efforts pour consommer de façon plus responsable ?

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4 Comments

  • Reply Cari 6 avril 2017 at 16 h 41 min

    J’évite d’acheter tout ce qui est en vrai (cuir, fourrure…) on je me renseigne: ma veste de moto et mon sac a mains sont effectivement fait en cuir…qui viennent d’abattoir. Ok ça aide pas la cause animale mais on moins je suis sure qu’on utilise l’entièreté de la bête. Et je précise que la veste et le sac sont des cadeaux… et on m’a appris à ne pas refuser de cadeau.

    Maintenant j’ai un gros souci appelé: j’adore les fringues! Déjà je me sali très vite (entre le travail, les poils de chiens et ma maladresse) Et je suis consciente des conditions. J’essaye donc d’en acheter moins, sinon je prends en seconde main et une fois que je ne les aime plus: soit je donne soit je jette parce que j’ai tendance à les user jusque la corde.

    J’ai bien remarquer que le tendances mode ne suis plus les saisons: comme certains peuvent-ils se promener avec des pulls qui n’en n’ont pas le non alors qu’il fait -5 et vent du nord?

    Avoir la démarche est un bon début… maintenant, reste plus qu’à l’appliquer XD

    • Reply Jam 7 avril 2017 at 13 h 59 min

      Salut Cari! Je savais pas que tu faisais de la moto, c’est super bad ass 😉 Oui j’imagine que pour la moto ça doit être plus compliqué de trouver des matériaux vegan!
      Et oui, comme tu dis, reste plus qu’à appliquer la démarche! Je vais faire moins de lèche-vitrine pour ne pas être amenée à craquer 😉
      Bonne Journée et à très vite !

  • Reply Darkrevette 14 avril 2017 at 20 h 33 min

    Ohh merci pour le lien vers ma super veste en fausse fourrure multicolore ;D
    Evidemment c’est un article qui me parle vu que je consomme déjà vegan pour ce qui est des cosmétiques et des vêtements, au mieux. Je dis ça parce que j’ai peut être des pulls avec de la laine donc c’est pas « vegan ». Mais sinon les trucs en peau de bête ça non, j’en porte pas et j’en ai jamais porté. Je n’ai jamais compris comment on pouvait occulter de son esprit qu’un animal était mort pour le vêtement ou l’accessoire en question ou comment on pouvait s’en foutre :-/ Je trouve ça tellement injuste parce que comme tu le dis, ces animaux sont tués pour ça, on ne se contente pas de prélever la peau de l’animal en attendant sagement sa mort parce que l’industrie de la mode n’a pas le temps d’attendre. Et ça c’est dégueulasse !
    Maintenant pour ce qui est de ne pas collectionner je suis mauvaise élève xD Mais je me rassure en me disant que je n’achète presque pas dans des grande enseigne, donc je ne n’alimente pas la « demande mondiale toujours grandissante ». Mes achats se font souvent chez des créateurs indépendants et y’a rien de plus gratifiant que ça je trouve 🙂

    • Reply Jam 18 avril 2017 at 12 h 20 min

      Je suis d’accord avec toi ! Perso je suis super difficile en chaussures et sacs, donc le plus dur pour moi c’est de trouver des trucs qui me plaisent qui ne soient pas en cuir.
      Je ne sais pas encore contre quoi troquer les DocMartens, chaussures que je porte 95% du temps. Ils ont une version vegan mais je n’aime pas trop leur forme un peu différente.
      Oui c’est cool de commander chez des créateurs indé, je pense plus faire ça aussi 🙂

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